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Soliswiss Analyse annuelle 2018 – Perspectives d’évolution mondiale

Monde entier, 01/03/2018 parCéline Neuenschwander

L'analyse annuelle 2018 livre un état des foyers de conflits actuels et latents ainsi qu'une estimation de leur évolution. Le présent numéro propose une analyse de la situation au Proche Orient, avec ses deux rivaux Iran et Arabie Saoudite qui tous deux revendiquent la suprématie dans la région. Des tensions se font également ressentir en Europe: la politique de la Pologne choque ses citoyens mais aussi l'UE. Outre-Atlantique, les mois qui viennent devraient être déterminants pour le Brésil: alors que des élections auront lieu cette année, le scandale de Petrobras n'est toujours pas réglé et certaines régions doivent actuellement faire face à des difficultés financières toujours plus lourdes. L'analyse annuelle ne prétend pas être exhaustive. Il s'agit plutôt d'une aide apportée aux membres de Soliswiss, aux voyageurs et aux Suisses de l'étranger et d'une analyse de l'évolution des problèmes évoqués.

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Pour le Soliswiss Annual Analysis 2018, nous avons pu collaborer avec le photojournaliste suisse Alex Kühni. Les photos aux articles de Corée du Nord, Iran, Arabie Saoudite et Kazakhstan ont été prises par lui.

Soliswiss Annual Analysis 2018 – Les points chauds du conflit

  • Corée du Nord
  • Iran
  • Arabie Saoudite
  • Kazakhstan
  • Polonais
  • Brésil

Corée du Nord – Attendons-nous à des heures angoissantes

Capitale Pyongyang
Population 25,368,620 (2016)
Religions Etat athée, 64,3% non-religieux, 16% chamanisme coréen, 4,5% Bouddhistes
Système gouvernemental Dictature totalitaire
TLD Internet
.kp
Indicatif de Pays
850
Source: OBS Advisory 

L’an dernier déjà, nous nous intéressions aux rapports tendus entre la Corée du Nord et les États-Unis, craignant parfois même de ne plus pouvoir éviter une intervention militaire. Le conflit a pris de l’ampleur et son impact se fait aujourd’hui ressentir sur le système global. Ne pouvant exclure le risque de réaction émotionnelle de la part des deux chefs d’État, il est difficile de prédire l’évolution du conflit.

L’an dernier, le conflit sur la Corée du Nord et ses armes nucléaires faisait déjà les gros titres. Pour l’homme de pouvoir nord-coréen Kim Jong Un, les armes nucléaires sont le moyen de légitimer son pouvoir devant son propre peuple et de se protéger d’une éventuelle éviction par les États-Unis. Pour leur part, les États-Unis exigent avant toute chose la dénucléarisation de la Corée du Nord. Pour les raisons que nous venons d’évoquer, c’est une option que la Corée du Nord refuse catégoriquement. Au-delà du maintien de son propre pouvoir, Pyongyang espère pouvoir dénouer les liens entre les États-Unis et la Corée du Sud. Pour la Corée du Nord, les bases militaires américaines implantées en Corée du Sud sont une provocation directe. C’est pourquoi la Corée du Nord envisage de démilitariser la presqu’île du sud.

Les scénarios possibles dans un tel contexte et les conséquences sur le monde méritent qu’on s’y attarde.

La première option serait que les États-Unis reconnaissent la Corée du Nord en tant que puissance nucléaire. Une telle pirouette coûterait aux USA leur crédibilité internationale et ferait naître le doute chez ses alliés. Ses adversaires pourraient interpréter ce revirement comme une faiblesse encourageant la Chine rivale à oppresser les alliés américains de la région et à revendiquer d’autres territoires. Cette éventualité ne serait pas idéale pour les USA et paraît donc plutôt improbable.

Nous pouvons également craindre une intervention militaire restreinte des USA en Corée du Nord ciblant les principales bases militaires et centres stratégiques. Le but serait d’affaiblir rapidement et durablement la Corée du Nord et de la mettre hors d’état de nuire sans entamer une guerre interminable. Si les USA lançaient une intervention militaire restreinte, la Corée du Sud, principal allié des USA dans ce conflit, serait exposée à l’agression nord-coréenne et paierait le plus lourd tribut.  Même si l’intervention militaire américaine était efficace, cela se répercuterait inéluctablement sur les États-Unis. Washington risquerait de ne plus pouvoir assurer la protection de ses alliés et perdrait la confiance de ses partenaires.

Le troisième scénario possible serait une guerre ouverte entre les États-Unis et la Corée du Nord. Comme énoncé précédemment, ce serait la pire alternative pour les deux pays. Les États-Unis ne peuvent pas se permettre une nouvelle guerre longue et coûteuse. De plus, il est fort probable que la Chine s’en mêle à un moment où à un autre. Pour chacune des parties, une guerre serait plus coûteuse que bénéfique et aurait un impact négatif sur la position globale de chaque pays. C’est pourquoi ce scénario semble lui aussi peu réaliste.

La dernière alternative reste l’actuel statu quo. Ce dernier englobe de plus amples sanctions et menaces de la part des USA.  Il semblerait que ni Washington ni Pyongyang ne parviennent à l’objectif final. De même, un conflit militaire entre la Corée du Nord et la Corée du Sud paraît peu probable. Nous pouvons donc nous attendre à quelques heures angoissantes quand on sait que les deux chefs d’États sont capables de réactions inattendues.

 

 

Iran – Une puissance régionale en ascension au Proche Orient?

Capitale Téhéran
Population 82,801,633 (Juli 2016)
Religions Musulman 99,4% (dont 90-95% chiite, 10-5% sunnite)
Système gouvernemental Theocratie
TLD Internet .ir
Indicatif de pays
110
Source: OBS Advisory

 L’État islamique serait apparemment vaincu au Proche Orient. Il laisse derrière lui une région en plein désarroi qu’il faut désormais réorganiser. L’Iran compte bien profiter de cette opportunité et consolider sa position de puissance régionale. Néanmoins, le pays fait lui-même face à des problèmes économiques entravant sa conquête du pouvoir. Des troubles intérieurs mais aussi la réaction des États voisins contre cette prétention au pouvoir font naître un nouveau foyer de conflits. 

En novembre dernier, l’État islamique était déclaré vaincu, pourtant nous ne constatons aucun apaisement notable au Proche Orient. Il règne en effet un climat de lutte pour la réorganisation des structures et la prise du pouvoir. L’Iran profite d’une position actuellement avantageuse: l’État islamique, l’un des principaux ennemis de l’Iran, a été repoussé de ses derniers bastions. En Syrie, le régime organisé autour de Bachar el-Assad et allié de l’Iran, est maintenu. A l’ouest, l’armée iranienne et des milices chiites exercent une forte influence sur son voisin Irakien. De plus, l’Arabie Saoudite, principal rival régional de l’Iran, est elle-même confrontée à des difficultés économiques et politiques. Il semblerait donc que le moment soit parfaitement choisi pour étendre son pouvoir. A long terme, l’Iran ambitionne de relier le golfe Persique à la Méditerranée et compte bien s’établir en tant que puissance dominante au Proche Orient.

Les facteurs internes ne font cependant pas le jeu de ces objectifs ambitieux de la politique extérieure du pays. Au début de l’année, nous apprenions que certaines villes iraniennes étaient le théâtre de manifestations et soulèvements. Celles-ci auraient été déclenchées par la hausse des prix de l’alimentation. Très vite, des troubles politiques sont apparus, l’ayatollah Chamenei et le régime de Rohani étant directement visés. Mais la profonde colère du peuple trouve sa source dans le taux de chômage élevé et l’instabilité économique. Depuis les accords nucléaires passés il y a trois ans et la levée des sanctions, la situation personnelle de l’Iranien moyen n’a pas du tout changé. Cela attise la colère et la résistance au sein de la société et au moindre changement, le peuple descend dans la rue.

Les protestations sont autant d’avertissements qu’il faut prendre au sérieux, mais un renversement du régime semble peu probable à l’heure actuelle. Il manque pour cela deux facteurs essentiels: premièrement, les différentes couches de la société iranienne n’ont pas toutes participé aux manifestations et deuxièmement, les services de sécurité iraniens sont encore bien organisés et entièrement voués à la cause du régime.

Même si pour le moment, un renversement du régime est improbable, les manifestations témoignent du mécontentement de la population. Le gouvernement du président Rohani se voit contraint de créer des emplois et de stimuler la croissance. Mais la conquête du pouvoir dans la région induit de lourdes dépenses et n’est pas compatible avec ces obligations. Les dernières manifestations sont par conséquent un avertissement au gouvernement. La constitution d’un empire s’avère trop coûteuse pour l’Iran.

Les prochains mois nous diront si l’Iran est prêt à calmer un peu ses envies de pouvoir et à s’intéresser plutôt à sa propre économie. Ce ne sera pas une décision facile au regard de la nouvelle organisation de la région et de la lutte entre les puissances locales. Si l’Iran investit trop dans sa conquête du pouvoir et néglige son économie, les troubles intérieurs risquent de s’accentuer et le mécontentement de gagner les autres couches de la société. L’Iran fait donc face à un problème cornélien: soit il assoit son pouvoir dans la région, soit il résout les problèmes économiques intérieurs et apaise la colère de ses citoyens. Quelle que soit la décision que l’Iran prendra, certains risques subsistent.

 

 

Arabie Saoudite – Un pays menacé de pauvreté

Capitale Riyad
Population 28,160,273 (Juli 2016)
Religions Musulmans (85-90% sunnites, 10-15% chiites)
Système gouvernemental Monarchie absolue
TLD Internet .sa
Indicatif de pays
999
Source: OBS Advisory

 Le prix en berne du pétrole met l’Arabie Saoudite face à de sérieux problèmes, elle qui autrefois fixait le prix du baril se voit aujourd’hui dépendante et sans grande influence. Il en résulte des difficultés financières et les caisses de l’État menacent d’être vides. La vision 2030 si souvent vantée est censée sortir le pays de sa dépendance au pétrole et diversifier les ressources économiques. Pour ce faire, des réformes auxquelles certaines tranches de la société sont réticentes sont nécessaires. Mais sans changement de cap, la colère du peuple risque de monter.

Pour l’Arabie Saoudite aussi, la victoire sur l’EI implique une nouvelle organisation du Proche Orient et l’ouverture à de nouvelles options. Tout comme l’Iran, son rival régional, l’Arabie Saoudite revendique sa suprématie. Riyad voit d’un mauvais œil la montée en puissance de l’Iran. La démonstration de force de l’an dernier contre le Qatar sous prétexte de déclarations favorables à l’Iran n’est rien d’autre qu’une tentative d’intimidation. L’Arabie Saoudite faisait ainsi comprendre qu’elle ne tolérerait aucun État rebelle dans la région. En effet, l’Arabie Saoudite se sent toujours plus menacée par l’Iran et doit faire face à un nombre grandissant d’alliés de l’Iran dans la région.

La guerre par procuration entre l’Arabie Saoudite et l’Iran sur le sol yéménite a déjà fait couler beaucoup de sang. Par ailleurs, cette guerre coûte extrêmement cher à l’Arabie Saoudite. Pourtant cette dernière n’envisage pas de retrait et prévoit au contraire de durcir les attaques contre les rebelles Houthis. Le Yémen ayant une frontière commune avec l’Arabie Saoudite, un repli pourrait s’avérer être une tactique risquée. En effet, l’Arabie Saoudite laisserait ainsi le champ libre à l’Iran et aurait son ennemi juré aux portes de son pays.

Les plus graves problèmes de la monarchie saoudienne du jeune prince héritier Ben Salmane sont internes. Les prix en berne du pétrole qui perdurent depuis la crise financière de 2008 paralysent l’exportateur de pétrole. Si le pays veut éviter de tomber dans la pauvreté, de nouvelles sources de revenus sont nécessaires. Sans les revenus du pétrole, l’Arabie Saoudite doit se trouver une nouvelle forme de légitimité. De deux choses l’une: soit elle peut s’établir en tant que bastion contre le chaos et les valeurs occidentales, soit le pays parvient à se positionner en adoptant des réformes et par une plus grande participation des citoyens aux affaires politiques.

C’est là qu’est le véritable défi. Depuis le printemps arabe, une grande partie de la population jeune de l’Arabie Saoudite aspire à plus de transparence, de droits de parole et de démocratie.  Le fossé entre riches et pauvres se creuse constamment, le taux de chômage est actuellement de près de 40% et chaque année viennent s’y greffer un demi-million de jeunes Saoudiens qui arrivent sur le marché du travail. Jusqu’ici, les Saoudiens ne payaient pas d’impôts en contrepartie de leur exclusion de la vie politique. Cela ne sera plus possible en raison de la chute des recettes du pétrole. Pour commencer, Ben Salmane a instauré pour la première fois une TVA afin de compenser les pertes financières de l’État. D’autres impôts devraient être instaurés au fur et à mesure. Cela devrait provoquer une certaine grogne si les droits des citoyens ne sont pas étendus en conséquence.

Le traditionalisme saoudien et le wahhabisme, la religion officielle de l’Arabie Saoudite, sont un frein à l’extension des droits des citoyens. Ils menacent le prince héritier et partout où ils le peuvent, font avorter toutes tentatives de réformes.

En politique extérieure comme en politique intérieure, l’Arabie Saoudite est prise entre deux feux. Selon toute attente, la guerre qui sévit au Yémen va se prolonger. L’Arabie Saoudite ne peut pas se permettre un retrait ou de faire des concessions à son ennemi juré iranien qui campe aux portes du pays.

En politique intérieure, le prince héritier est également exposé à de fortes pressions. Il lui est difficile d’imposer les réformes politiques contre la volonté des traditionalistes. Par conséquent, il devra renoncer à certaines d’entre elles. Il n’en reste pas moins qu’il faudra diversifier les ressources et créer de nouvelles activités économiques. Une grande partie de la jeunesse saoudienne aspire aujourd’hui à plus de démocratie et de transparence. Si les impôts et les charges devaient encore augmenter, il se pourrait que la colère du peuple s’amplifie.

 

Kazakhstan – L’Asie centrale en ligne de mire

Capitale Astana
Population  17,987,736 ( 2016)
Religions Musulmans 70,2%, chrétiens 26,2%, athées 2,8%
Système gouvernemental République constitutionnelle
TLD Internet .kz
Indicatif de pays
7
Source: OBS Advisory

Jusqu’à présent, les médias européens n’ont accordé que peu d’intérêt à l’Asie centrale, mais cela devrait changer dans un proche avenir. Cette région stratégique située entre la Russie, la Chine et le Proche Orient jouera bientôt un rôle toujours plus important sur l’échiquier politique international et notre attention se tourne tout particulièrement vers le Kazakhstan. Le pays parviendra-t-il à s’établir seul ou fera-t-il les frais des intérêts des pays voisins. 

L’Asie centrale constitue la région intermédiaire entre les principaux acteurs politiques que sont la Russie, la Chine et le Proche Orient et est composée des cinq pays suivants: Kazakhstan, Turkménistan, Tadjikistan, Ouzbékistan et Kirghizistan. Autrefois, cette région était rattachée à l’Union soviétique. Aujourd’hui encore, la Russie exerce une forte influence sur la région et s’en sert comme zone tampon avec les pays limitrophes. D’après nos estimations, le Kazakhstan, pays le plus influent d’Asie centrale depuis la dissolution de l’Union soviétique, jouera un rôle important.

Pour comprendre les risques de conflits, il est indispensable d’observer de plus prêt le pays même du Kazakhstan et les intérêts que présente la région. Le pays est soumis au régime autoritaire du président Nazarbaïev qui règne depuis près de 30 ans à la tête du pays. La succession de ce septuagénaire (77 ans) n’est pas encore clarifiée et pourrait être source de troubles politiques. Cet État exportateur de pétrole souffre de la chute du prix du baril et de l’instabilité qui en découle. L’an dernier, une pénurie de carburant a d’ailleurs sévi. L’eau aussi fait défaut au Kazakhstan. Des conflits sont sans cesse déclenchés avec le Kirghizistan pour le partage des eaux du fleuve frontalier entre les deux pays.

Par le passé, le président Nazarbaïev a réprimé avec brutalité les manifestations et soulèvements. La jeune population kazakhe est opprimée, elle a perdu ses illusions et constitue ainsi un vivier de choix pour le recrutement de groupes extrémistes.

Il s’y cache d’ailleurs l’un des facteurs d’instabilité de la région. Les djihadistes du Proche Orient mais aussi d’Afghanistan sont géographiquement proches. Le Kazakhstan est devenu l’une des zones de recrutement de l’État islamique. La population, majoritairement jeune et musulmane et sans aucune perspective d’avenir est plus enclin à adhérer aux idées radicales d’un groupe tel que l’EI. L’extension des islamistes radicaux représente par ailleurs un risque pour la sécurité du pays même et de la région.

Le changement susmentionné à la tête du Kazakhstan dans un proche avenir est également observé de très près par la Russie. Mais l’influence de cette dernière sur les anciens États soviétiques s’amenuise, d’autant plus que la Russie est occupée par ses prochaines élections présidentielles et qu’elle fait face elle aussi à des difficultés de paiement.

Face à l’affaiblissement du pouvoir de la Russie, la Chine montre un intérêt croissant pour cette région. Le principal projet de la Chine, à savoir «la nouvelle route de la soie» devrait permettre de relier directement l’empire du Milieu, l’Asie centrale et l’Europe. Le tracé le plus simple et le plus rapide passe par le Kazakhstan qui semble favorable à un rapprochement avec la Chine, d’où l’intérêt qu’elle montre pour ce pays.

L’Inde, en concurrence avec la Chine, n’a pas l’intention de rester les bras croisés pendant que la Chine mène à bien son projet de «nouvelle route de la soie» et a de fait elle aussi les yeux rivés sur le Kazakhstan. Il est donc fort probable que l’Inde tente d’influer sur le Kazakhstan dans le but de ralentir sa rivale chinoise dans ses projets.

A première vue, l’Asie centrale peut paraître stable, mais les structures laissent craindre un conflit qui plongerait la population dans l’insécurité. Tant les extrémistes radicaux qu’un État autoritaire ou encore la question irrésolue de la transmission du pouvoir et l’intérêt croissant des puissances alentours sont des signes évidents de conflit latent.

 

 

Pologne – Une année politique tendue s’annonce

Capitale Varsovie
Population 38,422,346 (2017 )
Religions Catholique 87%, Orthodoxe 1,3%, Protestant 0,5%
Système gouvernemental Semi-présidentiel république démocratique
TLD Internet .pl
Indicatif de pays
48
Source: OBS Advisory

Depuis l’arrivée au parlement du parti conservateur Doit et justice (PiS), le climat politique polonais s’est durci. Les mesures du parti PiS vont à l’encontre de l’État de droit et du partage des pouvoirs. Cette politique controversée attise délibérément les conflits avec l’UE et l’Allemagne. Le climat politique instable, les dissensions avec l’UE et les mesures controversées laissent présager une période d’agitation pour la Pologne.

Longtemps la Pologne a été considérée comme l’élève modèle du développement économique en Europe. La Pologne est devenue un site de production convoité par les entreprises de toute l’Europe. Mais aussi de nombreuses activités du secteur tertiaire ont été délocalisées en Pologne. Le pays a donc connu un regain de croissance et a même pu faire faire à la crise financière de 2008 sans trop de pertes.

Lors des élections parlementaires de 2015, le parti Droit et justice a engrangé d’excellents résultats en obtenant la majorité absolue des sièges au parlement. Depuis, des conflits ne cessent de naître avec l’UE. La réforme de la justice votée en décembre dernier notamment, soulève de vives critiques. Les deux lois promulguées permettent entre autres au parlement d’exercer une influence décisive sur la composition de la cour suprême. Il est reproché au parti PiS de vouloir prendre le contrôle de la justice et ainsi supprimer la séparation des pouvoirs à travers cette réforme.

Très vite, des manifestations contre ces agissements du parlement PiS ont été organisées. Des milliers de Polonais se sont regroupés pour manifester et entamer une marche de protestation contre cette réforme de la justice. N’obtenant aucun résultat après de longs mois de négociations infructueuses, l’UE a réagi en appliquant pour la première fois l’article 7 du traité de l’UE contre l’un de ses États membres. Cet article permet à l’UE de prendre des sanctions contre la Pologne qui s’oppose aux valeurs défendues par l’UE. En agissant de la sorte, l’UE entend asseoir sa crédibilité et défendre ses valeurs démocratiques qui sont le socle de son existence. Ces sanctions peuvent aller jusqu’à l’exclusion de la Pologne des processus de décision de l’UE.

La Pologne considère pour sa part que le parti a été élu démocratiquement et qu’il est donc légitime. Les origines de la rébellion de la Pologne contre l’UE et sa plus grande puissance, l’Allemagne, sont néanmoins plus profondes. Les mesures prises par l’UE contre la Pologne sont perçues comme une ingérence dans les affaires politiques internes et la souveraineté de la Pologne. Cette position apporte de l’eau au moulin de la rhétorique anti-UE. L’UE par contre, exige de la part de tous ses États membres qu’ils se conforment à ses valeurs.

Les deux parties se trouvent confrontés à cette difficulté qui ne manque pas d’aggraver la situation. Il y a d’un côté la Pologne qui ressent l’intervention de l’UE comme une ingérence dans sa souveraineté et de l’autre, l’UE qui tient à défendre sa crédibilité et ses valeurs démocratiques. Que ce soit pour la Pologne ou l’UE, il sera difficile de céder. D’autres confrontations sont donc à craindre au cours des prochains mois.

La situation instable se répercute par ailleurs sur les investisseurs qui se méfient de la Pologne. Les citoyens polonais sont les premières victimes de ce désaccord avec l’UE et en subissent les conséquences.

 

 

Brésil – Après le scandale, les élections

Capitale Brasilia
Population 205,823,665 (2016)
Religions Catholiques romains 64,6%, protestants 22,2%
Système gouvernemental Démocratie présidentielle
TLD Internet
.br
Indicatif de pays 190
Source: OBS Advisory

Ces quatre dernières années, le Brésil a été secoué par le scandale de grande ampleur de Petrobras. La classe politique est largement impliquée dans ce scandale de corruption qui a finalement abouti à la destitution de la présidente Dilma Rousseff alors en exercice. Un conflit de pouvoir sévit depuis au Brésil. Le pays fait également face à des difficultés de paiement qui se répercutent sur la population. Alors que le Brésil est en pleine agitation, les prochaines élections, dont l’issue est relativement incertaine, approchent à grand pas.

Tout a débuté par une petite enquête sur le blanchiment d’argent mettant au jour le plus grand scandale de corruption que le pays ait jamais connu, à savoir le scandale Petrobras. Ce scandale de corruption a éclaboussé une large partie de l’élite politique et abouti à la destitution de la présidente Dilma Rousseff alors en exercice. Cette crise a finalement induit un grand changement politique. Le parti populiste de gauche Partidos dos Trabalhadores (PT) s’est littéralement disloqué au départ de Dilma Rousseff et depuis, le Brésil est livré à une lutte de pouvoir durable entre les partis.

Le pays fait cependant non seulement face à des problèmes politiques, mais aussi à de graves difficultés financières. A son entrée au gouvernement, Michel Temer, président en exercice et successeur de Rousseff, a entrepris de grandes réformes économiques. Il ambitionne de rétablir la situation économique du pays et de stimuler enfin la croissance. Temer doit pouvoir compter sur le soutien du parlement pour faire appliquer ces réformes. Mais à présent que des soupçons de corruption pèsent également sur lui, cette possibilité semble de moins en moins probable. Par conséquent, les réformes nécessaires sont difficiles à appliquer et le pays a du mal à se redresser.

L’enquête portant sur ce scandale de corruption n’est pas encore close et on s’attend à de nouvelles révélations. Les conséquences sont dramatiques: l’arrestation de politiciens et d’hommes d’affaires paralyse chaque fois un peu plus le système et le pays enregistre perte sur perte. En outre, le scandale Petrobras se fait ressentir dans toute l’Amérique du Sud puisque les entreprises incriminées opèrent à l’international et attribuent de gros contrats à travers tout le continent.

Jusqu’ici et malgré les révélations des cas de corruption, la population brésilienne est restée calme. Mais la tension est palpable. Si la situation économique des Brésiliens ne s’améliore pas, la colère montera et le peuple descendra dans la rue. A l’approche des élections, le climat politique est très tendu et l’envie de protester va grandissante.

Pour la population, la situation est aggravée par les difficultés de paiement persistantes. Les mesures d’économies, les cas de corruption révélés et la chute du prix du pétrole sont à l’origine de ces difficultés financières. L’État membre Rio de Janeiro, tributaire de l’aide financière de la capitale Brasilia, est en difficulté de paiement depuis déjà 2016. De nombreux fonctionnaires d’État attendent leur salaire, la tension monte. Les forces de sécurité sont elles aussi touchées par l’incapacité de paiement, ce qui se fait lourdement ressentir sur la sécurité de la population locale. Si les problèmes financiers s’étendent à d’autres États membres, la Brésil risque de plonger dans une profonde récession avec les conséquences afférentes sur la sécurité et la criminalité.

Les facteurs d’insécurité évoqués pèsent sur le Brésil et c’est dans ce contexte que le pays s’apprête à voter. Il est encore très difficile d’évaluer les conséquences. Le président Temer est confronté à un soutien faiblissant de la part du parlement, ce qui complique l’application de mesures pourtant essentielles. L’enquête sur le scandale Petrobras n’est pas encore close et on peut s’attendre à de nouvelles révélations qui ne seront pas sans paralyser l’ensemble du système. Si le pays ne sort pas de cette situation, les masses peuvent se mobiliser et exprimer leur colère dans la rue. Les prochains mois seront déterminants pour l’avenir du Brésil.

 

 

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