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En cas des attaques ils partent et sauvent les gens – Interview avec Liam Morrissey

Suisse, 03/04/2017 parCéline Neuenschwander

Voyager comporte également des risques! Kidnappés à l’étranger, retenus de force, affaires de chantage ou attentats: tous les jours, les voyageurs sont confrontés à ce genre de situations. Avant de se rendre en Amérique centrale ou du Sud, en Asie ou en Afrique du Nord, on est souvent expressément avertis de ces risques. Cependant, de tels incidents se produisent aussi – et de plus en plus fréquemment – en Europe ou en Amérique du Nord. J’ai, moi-même, déjà entrepris des voyages avec une certaine appréhension. Voilà pourquoi je me demande: «Existe-t-il un moyen de se protéger contre ce type de risques?» Oui, c’est possible – explique Liam Morrissey, fondateur et gérant de la société MS Risk, une entreprise de gestion de sécurité, qui intervient dans le monde entier. Pour se protéger, il faut avoir un plan b, une protection professionnelle en cas de crise à l’étranger. Dans cette interview, Liam Morrissey, ancien officier de l’armée canadienne, explique comment fonctionne le plan b et informe de la façon dont tu pourras te protéger en cas d’urgence. Qui plus est, tu peux, toi aussi, profiter de la protection du plan b. En tant que partenaire exclusif en Suisse, le plan b est compris dans la cotisation annuelle des membres de la coopérative Soliswiss. Contre un supplément de 30 CHF, la protection du plan b est également valable tout au long de l’année dans ton pays de résidence.

Bonjour Liam. Tu as fondé la société MS Risk il y a douze ans, une entreprise de gestion de la sécurité qui intervient dans le monde entier. Comment t’es venue cette idée et que fait MS Risk exactement?

J’ai pris ma retraite anticipée dans les années 90, après avoir atteint le grade de commandant dans l’armée canadienne. J’ai alors commencé par diriger des projets de sécurité pour des entreprises minières dans des régions en guerre – avec une série de projets mouvementés dans le monde entier– puis j’ai rejoint la Tesco plc (une chaîne de supermarchés en Grande-Bretagne – N.d.l.r.), où j’ai travaillé comme directeur de la sécurité dans le domaine de la distribution internationale. Je me suis rapidement rendu compte que, si j’étais en mesure de garantir la sécurité de 600 000 salariés dans le monde entier et d’un volume de transactions de 96 milliards de dollars, je pouvais également le faire pour d’autres organisations. C’est ainsi qu’est née l’idée de fonder MS Risk. En 2005, j’ai commencé à mettre en place MS Risk avec le soutien de Lloyd’s of London. Aujourd’hui, MS Risk est une société de conseil pour tout ce qui a trait à la gestion de la sécurité et à l’aide en cas de crise.

 

Liam Morrissey – Fondateur et CEO de MS Risk

 

MS Risk propose donc le fameux plan b, une protection destinée aux personnes qui font face à des crises à l’étranger ou dans leur pays de résidence. En quoi consiste exactement le plan b et quels sont les risques couverts?

Après avoir dû réagir, quatre ans durant, à de nombreux cas d’enlèvement et de chantage, nous avons réalisé que nous négligions là un important potentiel du marché. Concrètement, cela signifie que nous ne couvrions pas la plupart des dangers auxquels les voyageurs sont confrontés, comme les agressions, les violences physiques ou les dangers auxquels les personnes sont exposées à la suite d’un attentat perpétré à proximité. Ce sont les attentats à la bombe lors du marathon de Boston qui ont été le déclencheur pour moi. À partir de là, j’ai vraiment pris conscience du fait que je voulais aider les gens confrontés à des situations dangereuses. C’est ainsi qu’est né le plan b. Nous aidons des gens dans différentes situations de crise à l’étranger ou dans leur pays de résidence. Les personnes assurées reçoivent un numéro à joindre en cas de crise pour notifier, à tout moment, des problèmes ou des incidents et pour bénéficier immédiatement de premiers conseils. Les mesures ultérieures dépendent de la situation concrète. Nous nous occupons d’un cas pendant un maximum de 30 jours, ce qui nous donne suffisamment de temps pour mettre les personnes concernées à l’abri.

 

Supposons qu’il m’arrive quelque chose lors de mon prochain voyage et que je compose le numéro d’appel d’urgence. Comment, ton équipe et toi, procédez-vous exactement pour l’intervention de secours?

Tout dépend du type de crise. La personne concernée pourra certainement faire part de ses soucis pour recevoir des conseils pertinents. Notre manager de service peut intervenir directement lors de cet appel téléphonique, pour conseiller la personne en fonction de son problème. Notre intervention peut aller de simples encouragements à des instructions claires et nettes. En cas d’incident grave, nous prenons les mesures nécessaires pour coordonner les équipes de secours et déclencher une intervention dans le pays concerné.

 

Quels sont les risques les plus fréquents auxquels les voyageurs sont confrontés?

C’est la peur de l’inconnu dès que la propre sécurité est menacée. On entend parler d’un incident sérieux à proximité et on se demande si on est concerné, voire en danger soi-même. Nous pouvons aider à évaluer la situation correctement et à prendre les mesures nécessaires. Dans la plupart des cas, les personnes concernées sont victimes d’agressions ou de crimes accompagnés de violences. Souvent, la voiture a été volée et les gens sont désemparés.

 

Le plan b contribue-t-il uniquement à protéger contre les dangers d’ordre politique ou couvre-t-il également d’autres urgences?

Pas besoin de contexte politique: la sécurité d’une personne peut être menacée pour une raison quelconque. Il peut s’agir d’une menace indirecte, par exemple quand on se trouve dans une ville et qu’on apprend qu’une fusillade ou un attentat à la bombe a été perpétré à proximité et qu’on a besoin de soutien pour se mettre à l’abri. Nous aidons également dans les situations les plus extrêmes, comme en cas d’enlèvement. Cependant, le plan b ne remplace pas une police d’assurance Kidnap&Ransom, étant donné que le plan n’est pas conçu exclusivement pour ce danger spécifique. Néanmoins, il aide sans aucun doute lorsque le contexte politique se détériore et nécessite une évacuation.

 

Quelles sont les prestations d’assistance que vous proposez pour apporter votre aide?

Il existe des mesures très variées. Nous pouvons envoyer des équipes de secours dans le pays en question, pour conduire la personne en danger en lieu sûr. Il peut par exemple s’agir d’un aéroport pour quitter le pays ou d’un autre lieu sûr dans le pays, le temps d’analyser la situation. Nous pouvons également nous charger de la collaboration avec les autorités locales ou avec l’ambassade. Le cas échéant, nous prenons également en charge les dépenses pour l’assistance médicale ou les frais de transport et d’hébergement nécessaires pour quitter une région dangereuse. Nous envoyons notre propre personnel pour aider les personnes concernées directement sur place. Si des groupes entiers sont concernés par un incident, nous pouvons mobiliser nos propres avions ou bateaux pour évacuer toutes ces personnes hors de la zone de danger.

 

Le gouvernement n’apporte-t-il pas son soutien en cas de crise à l’étranger?

Pas forcément, car le gouvernement ou les ambassades ne pas sont tenus d’apporter leur aide, de quelque manière que ce soit. S’ils le font quand même, ils peuvent exiger des sommes conséquentes pour leurs prestations. En fait, la « fonction de surveillant », prétendument assumée par les ambassades, ne fonctionne plus vraiment dès qu’un incident majeur se produit quelque part. Les ambassades sont dépassées et ont souvent du mal à protéger leur propre personnel. Les voyageurs d’affaires ou touristes n’ont pas la priorité.

 

Le plan b est-il valable dans tous les pays ou y a-t-il des exceptions?

Il existe quelques restrictions. Quand tu téléphones, par exemple, du sommet du Mont Everest, nous aurons un peu de mal à être à tes côtés rapidement. Plus sérieusement, il existe certaines circonstances ou restrictions qui rendent notre travail plus difficile. Cependant, dès que nous savons que quelqu’un est en danger, nous allons toujours tenter d’organiser un sauvetage judicieux. Ce que nous pouvons toujours faire, c’est de rester en contact, fournir des informations actuelles sur l’évolution de la situation et donner des conseils pour savoir ce qu’il convient de faire.

 

Mais, dans la plupart des situations, par exemple en cas d’attaque terroriste ou d’enlèvement, je ne pourrais certainement pas appeler le numéro d’urgence immédiatement. Comment le plan b intervient-il dans ce cas?

L’idéal, c’est de donner également le numéro d’appel d’urgence à une personne responsable, qui peut téléphoner à ta place en cas de crise grave ou d’enlèvement. Nous pouvons ainsi mobiliser nos équipes d’intervention sans tarder pour localiser la personne concernée et la mettre à l’abri.

 

Supposons que je me trouve dans une ville et qu’un attentat y est perpétré. Qu’est-ce que tu me conseillerais? Comment dois-je me comporter dans ce cas?

Nous conseillons de procéder comme suit: Run-Hide-Tell (Courir-Se cacher-Raconter). Assure-toi d’être dans un endroit sûr. Si tu n’es pas directement concerné par l’incident, reste à l’intérieur, verrouille la porte et écarte-toi des fenêtres. Si possible, ferme les rideaux. Ensuite, appelle-nous pour nous expliquer la situation. Si nécessaire, nous pouvons informer ta famille ou ton employeur. Nous pouvons envoyer les premières équipes de secours et nous assurer que tu te trouves en lieu sûr. Nous t’indiquons la marche à suivre, par exemple si tu dois rester à un endroit précis ou si tu dois quitter la ville ou le pays. Nous nous chargeons également des démarches nécessaires comme l’hébergement ou le transport. Si tu as accès aux médias, informe-toi de cette manière. Ce type de situation évolue très rapidement et les infos sont souvent confuses, et changent d’heure en heure. Nous t’aidons à disposer des informations adaptées pour agir correctement dans ces circonstances.

 

Quel a été l’événement qui t’a le plus marqué dans le cadre du plan b?

Je peux citer quelques exemples. Nous avons eu le cas d’une travailleuse humanitaire dans une zone en guerre. Elle devait prendre l’avion le lendemain pour quitter le pays mais son vol a été annulé à cause d’une attaque de rebelles. La personne concernée craignait de rester bloquée sur place. Nous avons eu connaissance de cet incident et avons immédiatement analysé la situation avec elle. Dès que la personne s’est trouvée en lieu sûr, nous avons convenu d’un nouvel entretien une heure plus tard. Dans les 60 minutes suivantes, nous avons fixé un nouvel itinéraire pour permettre à cette femme de quitter le pays et nous avons pris toutes les mesures nécessaires à cet effet. Elle a ainsi pu quitter le pays sans encombres et à la date prévue. Un autre exemple qui m’a marqué est le massacre perpétré sur une plage tunisienne. Quand nous avons reçu les premiers messages concernant cette attaque, nous avons mobilisé nos équipes en craignant le pire. En l’espace de deux heures, nous avons envoyé deux avions de ligne à destination de la Tunisie avec, à bord, des équipes de sécurité pour procéder à une évacuation massive.

 

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